Sûrement, devrais-je même dire, que ce post ne plaira pas à toutes et tous et qu'il fera des mécontent-e-s. Soit. Ça porte sur le militantisme, c'est d'actualité et je n'ai pas trouvé de meilleur temps pour en parler - ok, j'avoue: ça fait longtemps que je l'ai sur la conscience. Et puis cet après-midi, j'ai décidé de prendre quelques minutes pour exposer mon avis sur la question.

Peta. People for Ethical Treatment of Animals est une organisation de lobbyistes, à la base étasunienne, qui a des ramifications un peu partout dans le monde, dont en France, en Angleterre, en Allemagne, en Inde... et ici même, au Canada et au Québec. Certes, ils font jaser, par leurs actions très choquantes. Ceux et celles d'entre vous qui ont visionné Meet Your Meat savent de quoi je parle. Ils choquent, c'est à mon avis la méthode qu'ils ont choisie pour convertir au végétarisme. Et je suis certaine que ça fonctionne, dans une certaine mesure. Les images sont toujours très graphiques, la musique est dramatique, le ton de voix de la personne qui explique le traitement réservé aux animaux est touchant... disons que leur méthode fait appel aux émotions, et pas à peu près.

Déjà, je ne suis pas confortable avec cette méthode employée. Je sais que pour plusieurs, la cause animale est une cause très émotive, qu'il est facile de tomber dans le "aimerais-tu subir le même traitement qu'eux?". Et n'allez pas croire que je suis insensible au traitement réservé aux animaux - tant à l'élevage que rendus à l'abatoire - c'est faux. Le sort réservé aux animaux est effectivement l'une des raisons qui m'a poussée au végétarisme. Mais pas la seule raison - je développerai sûrement un jour sur cette question. Et pas via la propagande de Peta. Disons seulement que j'aime mieux une discussion sur le végétarisme que le visionnement d'images atroces.

Mais là n'est pas l'objet principal de mon message d'aujourd'hui, parce que ce n'est pas ce qui a fait la manchette récemment. Enfin, pas exactement. Ce qui a fait la manchette, dernièrement, dans la région, peut se lire ici et : en gros, le 22 février dernier, des militant-e-s de Peta se sont rendu-e-s à Ottawa pour protester contre la chasse aux phoques. De ces militant-e-s, seules des militantes se sont dévêtues et se sont allongées dans la neige, couvertes de faux sang. C'est toujours la tactique de Peta. Des images qui choquent. Surtout, des images de femmes qui auraient subies des violences - comme celles que subissent les animaux, les phoques dans le présent cas. En fait, je pense que je ne pourrais pas mieux dire que Nikki Craft: "Peta. Where only women are treated like meat". C'est peut-être vrai que les femmes portent généralement plus de fourrure que les hommes. Mais l'éthique ne dicterait-elle pas à Peta de ne pas employer des images de violence envers les femmes pour faire passer leur message? Parfois, des hommes sont couverts de sang dans les campagnes de Peta, mais c'est rare. Surtout, ce sont des femmes. Et ces images, elles frôlent la pornographie: regardez les positions de ces femmes, regardez aussi les fameuses campagnes "I'd rather go naked than wear fur", popularisées depuis le début des années 1990. Encore une fois, une très forte majorité de femmes. Dévêtues.

Je n'essaie pas de dire que les femmes ne devraient pas avoir le droit d'utiliser leur corps pour faire valoir leurs opinions. Ce que je déplore, c'est la façon dont d'autres se servent des corps de femmes pour faire valoir des opinions. Je suis tannée que les femmes, dans ces cas, soient encore employées comme de simples objets, permettant d'attirer l'attention sur un produit, soit la propagande de Peta, dans ce cas. Ce n'est en aucun cas mieux que les annonces de bières. Même, c'est pire, parce que les publicités de Peta font souvent appel à des images de femmes victimes de violence.

Personnellement, je ne ferai jamais l'éloge de Peta. Ni sur ce site, ni ailleurs. Même s'ils parviennent à convaincre beaucoup de gens à se joindre au végétarisme, même si ils font certaines actions qui donnent des résultats concrets. Ils sont sexistes. Et tout comme je suis opposée au spécisme, je suis opposée au sexisme. Voilà. Encore une fois, d'autres le formulent très bien: "(...) we view the exploitation of women and animals* as an expression of a common patriarchal worldview, which manifests itself in both sexism and speciesism."... Ça, c'est du site de l'organisation Feminists for Animal Rights.

Vous voulez lire un peu plus sur la question? Vous verrez que je ne suis pas la seule à m'insurger... Voici quelques suggestions, surtout en anglais, désolée.